holssen

Sublimer et préserver vos plus beaux cuirs.

Actualité

L'atelier Marie-Moreau transforme les bâches du festival de La Gacilly en sacs uniques

Combien de fois ai-je vu, à l'atelier, un client soupeser un sac en toile dont le tissu commence à se distendre après quelques mois d'usage, en se demandant si la matière était vraiment à la hauteur du prix payé?

mis à jour 20 septembre 2026

L'atelier Marie-Moreau transforme les bâches du festival de La Gacilly en sacs uniques

La réponse, bien souvent, ne tient pas seulement à la qualité du tissu, mais à la façon dont il a été coupé, piqué et fini — c'est-à-dire au soin que la main de l'artisan a su mettre dans chaque détail. Comme le rapportait récemment la presse locale bretonne, à Saint-Nazaire, l'atelier couture de l'Esat Marie-Moreau vient d'en donner une démonstration éloquente: une vingtaine de travailleurs en situation de handicap y ont transformé des chutes de bâches du festival de photographie de La Gacilly en 150 sacoches, toutes parties à 29 € pièce — il n'en restait que cinq lors de la visite de l'équipe au festival, mercredi 16 septembre.

Quand la matière se raconte à travers le geste

Les bâches photographiques, vous les avez peut-être croisées sans y prêter attention: ces grands supports imprimés qui habillent les rues de La Gacilly pendant plus de trois mois d'exposition en plein air, dans le Morbihan. Une fois le festival terminé, elles finissaient jusqu'ici au rebut. Cette année, l'atelier couture de l'Esat — encadré par Laurence Aubin et Julie Guichard — en a récupéré des morceaux pour leur donner une seconde vie, non pas en reproduisant les images, mais en travaillant le textile brut: observer la trame, jauger la tenue, accepter les imperfections d'impression, parfois même les mettre en valeur dans la coupe. Résultat: des sacoches de la taille d'un ordinateur portable, au grain épais et nerveux, qui n'ont rien à envier aux productions industrielles standardisées.

Ce que j'y retrouve de notre métier

Ce qui me touche dans cette histoire, ce n'est pas tant le matériau — la toile enduite n'est pas notre univers quotidien — que la démarche qui le sous-tend. Choisir une matière de récupération, l'observer longuement avant la coupe, la travailler au plus juste, accepter qu'elle porte la trace d'un autre usage: voilà exactement ce que je tente de transmettre chaque jour à l'atelier avec nos cuirs à patine. La main de l'artisan ne corrige pas tout, elle compose avec ce que la matière lui offre, et c'est précisément ce qui donne du caractère à une pièce — qu'il s'agisse d'une fleur corrigée, d'un tannage végétal ou, ici, d'une bâche marquée par le soleil breton. Pour Céline Moreau, chargée d'insertion à l'Esat et à l'initiative de cette visite à La Gacilly, ce succès commercial est aussi une vraie reconnaissance pour l'équipe: voir les 150 sacs vendus au festival, c'est valider des mois de travail souvent resté dans l'ombre.

Repères pour ne pas passer à côté

Pour qui souhaite soutenir cette production ou simplement découvrir ces pièces de plus près, notez que toute la bagagerie de l'atelier est désormais mise en vente directement à l'Esat Marie-Moreau, à Saint-Nazaire. La boutique Quai Ouest, avenue de la République, qui exposait la marque « Quinze marins » en voile de bateau, a baissé le rideau à la fin de l'été — un changement d'adresse à intégrer pour les habitués qui cherchaient les créations de l'atelier en centre-ville. Le festival de La Gacilly, lui, se termine dimanche 4 octobre: si vous passez dans le Morbihan d'ici là, c'est l'occasion de découvrir les expositions une dernière fois et, peut-être, de repartir avec l'un des cinq derniers exemplaires encore disponibles.

Du nouveau sur le sujet