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Tabriz : l'héritage bimillénaire du cuir au cœur des échanges mondiaux

Selon un reportage publié par PressTV mi-septembre, Tabriz, carrefour commercial du nord-ouest iranien inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, confirme son statut de pôle majeur pour le cuir et la chaussure.

mis à jour 19 septembre 2026

Tabriz : l'héritage bimillénaire du cuir au cœur des échanges mondiaux

Pour nous qui travaillons la matière au quotidien, cette actualité mérite qu'on s'y arrête: elle croise une tradition d'atelier bimillénaire avec les questions que la filière européenne se pose en ce moment, de la traçabilité à la durabilité des cuirs.

Tabriz, un écosystème cuir qui impressionne par sa densité

Quand on lit les chiffres que rapporte PressTV à partir des données du syndicat local de la chaussure pour 2025, on mesure l'ampleur du phénomène: environ 3 400 entreprises agréées gravitent autour du cuir tabrizien, dont quelque 2 200 unités de fabrication, 1 100 sociétés de distribution et une centaine de prestataires de services. À l'image de ce que l'on connaît en France avec nos mégisseries et nos ateliers de maroquinerie, c'est tout un bassin de savoir-faire qui s'organise — tanneries, coupe, piquage, finitions, négoce — autour d'un même bazar historique.

Ce qui me frappe, en tant qu'artisan, c'est la cohabitation décrite entre ateliers familiaux et unités plus industrielles. Rappelez-vous, dans nos propres ateliers, à quel point la qualité d'un cuir dépend de cette chaîne courte où le coupeur connaît le tanneur, où la retoucheuse voit la pièce du début à la fin. Tabriz semble avoir conservé cette logique de transmission, tout en développant une capacité de production qui alimente le Caucase, la Turquie, l'Irak et au-delà. Voilà ce qu'une simple lecture d'un reportage étranger peut nous enseigner: la mondialisation du cuir n'a pas effacé les savoir-faire locaux, elle les a parfois renforcés.

Ce que la filière européenne nous dit en parallèle

Deux autres sources récentes viennent éclairer ce tableau sous un angle qui nous concerne directement. D'après Mongabay, l'industrie du cuir vient d'être officiellement exemptée du règlement européen sur la déforestation (EUDR); réunis à Paris, les représentants du secteur et les maisons de luxe en profitent pour repositionner le cuir comme un coproduit clé de l'économie circulaire, et renforcer traçabilité et normes volontaires.

De son côté, Leather Fashion Design relate la 8e édition du Sustainable Leather Forum, organisée à Paris, où l'Alliance France Cuir et les acteurs industriels ont abordé les défis stratégiques européens ainsi que les pratiques vertueuses de transformation du cuir — notamment la question, très sensible dans nos ateliers, de la « durabilité émotionnelle » des pièces.

Ce que je vous invite à garder en tête

Concrètement, trois réflexes à adopter dans les semaines qui viennent si vous achetez ou revendez du cuir. Premièrement, questionnez l'origine du tannage: un cuir pleine fleur corrigée issu d'un atelier identifiable se reconnaît, se touche, se patine. Deuxièmement, suivez les travaux de l'Alliance France Cuir et les suites du Sustainable Leather Forum: les normes volontaires qui s'y dessinent deviendront, à n'en pas douter, le socle des garanties que vous demanderez demain à vos fournisseurs. Troisièmement, regardez comment des bassins comme Tabriz articulent tradition et industrie — c'est, à mon sens, la preuve vivante qu'un cuir bien fait traverse les siècles, pourvu qu'on respecte la matière et ceux qui la travaillent.

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