Immersion chez Maison Poursin : l'art de la sellerie au service de la maroquinerie de luxe
Comme le rapporte Sortir à Paris, ces portes ouvertes traversent toute l'histoire d'un atelier né dans la sellerie et la bouclerie en laiton, devenu, après la fin de la traction hippomobile, un…

Maison Poursin ouvre ses coulisses pour les Journées du Patrimoine 2026, et pour nous, c'est bien plus qu'une visite: c'est l'occasion de toucher du doigt ce qui fait la différence entre un sac simplement assemblé et un sac pensé comme un objet d'héritage.
Pendant deux jours, les 19 et 20 septembre 2026, la plus ancienne manufacture parisienne encore en activité vous accueille au cœur du 10e arrondissement pour des visites guidées gratuites, à raison de six sessions limitées à trente personnes. Comme le rapporte Sortir à Paris, ces portes ouvertes traversent toute l'histoire d'un atelier né dans la sellerie et la bouclerie en laiton, devenu, après la fin de la traction hippomobile, un fournisseur discret mais essentiel des grandes maisons de maroquinerie de luxe.
D'où viennent les pièces que l'on touche sans les voir
Avant de parler cuir, il faut parler métal. La maison Poursin, à l'origine, fabrique des boucles, des mousquetons et toute la quincaillerie laiton qui équipe les harnais et les selles — l'époque des expositions universelles, entre 1890 et 1914, où les chevaux de prestige parcouraient les routes pavées. Quand l'automobile s'impose après la Grande Guerre, l'atelier ne disparaît pas: il réoriente son savoir-faire vers les pièces métalliques qui habillent les sacs et les petites maroquineries du luxe, en conservant ce langage visuel cheval qui reste sa signature.
Pour qui s'intéresse au travail du cuir, c'est un détour éclairant. Les anneaux, les fermoirs, les D-anneaux que l'on retrouve sur les sacs haut de gamme ne sont pas de simples fournitures: ils sont frappés, tournés, polis selon des gestes qui n'ont presque pas changé. Voir l'atelier, c'est comprendre pourquoi tel anneau tombe bien dans la main, pourquoi tel fermoir conserve son cran après des années d'usage.
Préparer votre visite comme on prépare un diagnostic de sac
Si vous comptez venir, voici ce que je vous suggère de regarder en priorité, dans l'ordre où la visite vous y mènera:
- Le « musée » intégré: observez les pièces anciennes — vous y lirez l'évolution des formes, du volume, du poids. Comparez avec les modèles que vous avez chez vous: c'est là qu'on saisit pourquoi un fermoir des années 1920 a une présence qu'une copie moderne n'atteint pas.
- Les ateliers de production: demandez à voir les outils de frappe et de polissage. Le laiton se travaille à froid pour la forme, puis se polit à la main pour la patine — un geste que vous pourrez reconnaître sur vos propres pièces en passant le doigt.
- La boutique: c'est souvent là que la lumière est la plus juste. Profitez-en pour tester le tombé d'un anneau dans la paume, le claquement d'un fermoir. Si vous hésitez sur un achat, c'est le moment.
Ce qu'il faut retenir côté pratique
- Dates: samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026
- Créneaux: 11h30–12h30, 14h30–15h30, 16h30–17h30 chaque jour
- Effectif: 30 personnes par session, gratuité, réservation obligatoire par mail à [email protected]
- Adresse: Maison Poursin, 35 rue des Vinaigriers, 75010 Paris
Pour la suite, je vous conseille un exercice simple: à votre retour, sortez trois sacs de votre dressing et observez leurs fermoirs à la loupe. Vous verrez — ou vous toucherez — ce que les ateliers Poursin peinent à transmettre à qui n'a pas vu les outils. Une visite comme celle-ci remplace dix lectures: le métal parle quand on l'a vu naître.