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Immersion dans les manufactures françaises : l'art du geste et du savoir-faire

D'après ce que rapporte Presse Agence, l'été 2026 donne un coup d'envoi remarqué au tourisme industriel: des manufactures françaises ouvrent leurs ateliers au public, du parapluie de Cherbourg au savon de Marseille.

mis à jour 14 août 2026

Immersion dans les manufactures françaises : l'art du geste et du savoir-faire

Pour nous, qui travaillons la matière vivante qu'est le cuir, voir d'autres artisans à l'œuvre n'a rien d'anecdotique: c'est une leçon de patience, de précision, de respect du geste. Comprendre un savoir-faire, même éloigné du nôtre, rend plus exigeant — et donc plus attentif à l'entretien — avec ses propres pièces.

Quatre maisons, quatre leçons

Le reportage de Presse Agence en détaille plusieurs. À Cherbourg, Le Parapluie de Cherbourg — installé dans l'ancien bâtiment de la Banque de France, dirigé par Charles Yvon depuis 2018 — reçoit les visiteurs dans un musée rénové qui a déjà accueilli plus de 50 000 curieux en 2024 et 2025; on y voit le fameux Parapactum utilisé par les services de protection de la présidence de la République. À Colombelles, près de Caen, la Biscuiterie Jeannette (fondée en 1850, sauvée de la disparition en 2013 par ses salariés, aujourd'hui présidée par Benoît Martinet) propose des visites de 45 minutes, lundi à jeudi à 9h30 et 10h30, ponctuées par une madeleine encore chaude sortie du four. Dans le Haut-Rhin, à Ribeauvillé, la manufacture Beauvillé perpétue depuis 1839 l'impression au cadre plat à la main, un art que l'on retrouve à Versailles comme chez Ralph Lauren Home; un musée attenant au magasin d'usine, ouvert depuis l'été 2023, se visite gratuitement tout l'été. À Marseille enfin, La Corvette — Savonnerie du Midi, fondée en 1894, est l'une des dernières maisons à fabriquer le véritable savon de Marseille selon la méthode traditionnelle.

Ce que j'emporte dans mon atelier

Quand on sort d'une visite de ce type, on ne regarde plus son sac de la même façon. On a vu des mains plier, couper, cuire, imprimer — et l'on comprend soudain ce que « fait main bien » veut dire: du temps, du rebut, de la matière honnête. Je conseille toujours trois choses à qui pousse la porte d'un atelier. D'abord, regarder les outils: un outillage simple, bien entretenu, raconte souvent plus qu'un long discours. Ensuite, demander à voir les pièces rejetées — c'est là que se lit le niveau d'exigence, et c'est un réflexe que tout amateur de maroquinerie devrait avoir en boutique. Enfin, interroger l'artisan sur la transmission: qui lui a appris, à qui transmettra-t-il? Ces questions valent pour un parapluie, pour une madeleine, pour une pièce en pleine fleur. La matière ne triche pas, et celui qui sait la regarder ne s'en laisse plus conter.

D'autres pistes, à découvrir avant l'automne

D'autres artisans tiennent leurs portes ouvertes cet été et méritent qu'on s'y arrête. La Nouvelle République raconte comment Temir Chabazov, qui a repris la boulangerie-pâtisserie La Coquinière à Tours en 2017, maintient le nougat de Tours — un gâteau rond aux fruits confits et à la macaronade d'amandes — parmi ses spécialités; ce produit est aujourd'hui défendu par un label « Véritable Nougat de Tours » qui regroupe trente-deux boutiques. Ouest-France, de son côté, suit Brigitte Nadeau et son atelier de vitrail en pays belvoisien, dont la démarche de transmission résume à elle seule l'esprit de cette saison. LSA publie enfin un guide des usines à découvrir dans les Hauts-de-France. Pensez à réserver: beaucoup de visites guidées s'arrêtent à la mi-septembre, et certaines ne fonctionnent qu'en semaine.

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