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Immersion au cœur de la Fendi Factory : les secrets de fabrication des sacs Peekaboo et Baguette

D'après un reportage récent publié par Harper's Bazaar France, la Fendi Factory installée dans les collines toscanes a ouvert ses portes pour une visite très privilégiée.

mis à jour 23 septembre 2026

Immersion au cœur de la Fendi Factory : les secrets de fabrication des sacs Peekaboo et Baguette

C'est dans ce bâtiment ultramoderne de 30 000 m², perché à Bagno a Ripoli au sud de Florence depuis 2022, que naissent chaque jour les sacs les plus convoités de la maison romaine, du Baguette au Peekaboo. Une immersion rare qui mérite qu'on s'y attarde, car elle parle directement à tous ceux qui chérissent leurs cuirs.

Ce que j'ai retenu en lisant ces lignes

Ce qui me frappe d'emblée, c'est le soin maniaque accordé à la matière avant même que l'aiguille ne touche le cuir. Le bâtiment, dessiné par le studio milanais Piuarch et enfoui dans le paysage avec son toit-jardin, abrite un système de régulation thermique calibré pour le bien-être des peaux. Une obsession que l'on retrouve à l'atelier: avant de songer au montage, chaque prototype passe par une maquette en papier, puis en salpa — cette matière rigide qui permet de juger les proportions avant de sacrifier un cuir.

Puis viennent les tests. Des bras articulés frottent inlassablement des Baguette sur des mannequins, des mécaniques torturent des échantillons de nappa. Seules les pièces qui survivent à ces crash-tests accèdent à la production. Et même le polissage traditionnel à la pierre d'agate, geste ancestral, cohabite avec ces robots. Voilà, à mon sens, la vraie leçon: derrière une silhouette iconique se cache un cahier des charges draconien que peu de maisons documentent encore avec cette transparence.

Le geste qui ne souffre aucune interruption

Ce détail m'a particulièrement touché, et il parle directement à celles et ceux qui possèdent un sac sellerie ou un cuir cousu main. Le point Selleria, signature de la maison, ne se coupe jamais en cours de route. Une fois qu'un artisan l'a commencé, il a l'obligation de le terminer seul, pour que la tension du fil reste intacte. Trois heures de travail en moyenne pour assembler un Baguette, et la règle vaut pour chaque pièce.

Cela nous rappelle quelque chose d'essentiel quand on entretient son propre sac: une couture qui lâche n'est presque jamais un défaut du fil lui-même, mais bien une rupture de tension dans la séquence de montage. Si vous devez faire reprendre une pièce, confiez-la à un artisan capable de travailler la même longueur de fil d'un seul tenant, plutôt que de multiplier les raccords invisibles mais fragiles à l'usage.

Ce que cela change pour nos placards

Le reportage mentionne aussi que la raideur architecturale du Baguette a été assouplie ces dernières saisons, sous l'impulsion de Maria Grazia Chiuri — qui avait lancé le modèle en 1997 au sein du département accessoires et le retrouve aujourd'hui en tant que directrice artistique. Cette tendance slouchy flatte la silhouette mais fragilise la tenue, un vrai sujet en atelier. Les équipes d'une vingtaine de maroquiniers qui se relaient matin et soir sur chaque ligne de production livrent une quarantaine de modèles par jour, un rythme effréné où certains gestes résistent à la machine: le montage du fermoir métallique, justement, et ce point Selleria.

Pour nous, cela signifie qu'un sac plus souple demande une vigilance accrue. On le porte davantage à pleine main qu'en bandoulière forcée, on évite de le surcharger pour préserver l'âme des panneaux, et on lui offre un repos vertical la nuit, garni de papier de soie non acide, pour qu'il retrouve son architecture d'origine. Le geste artisanal ne s'arrête pas à la sortie d'usine — il se prolonge dans chacune de nos habitudes quotidiennes.

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