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Cuir vegan : pourquoi les alternatives synthétiques peinent à remplacer la peau

D'après un dossier publié par The Guardian, trois des alternatives végétales ou issues du mycélium les plus médiatisées ont cessé d'être produites, malgré plus d'un milliard de dollars investis au total.

mis à jour 14 septembre 2026

Cuir vegan : pourquoi les alternatives synthétiques peinent à remplacer la peau

Le « cuir vegan »: la promesse qui n'a pas tenu

Quand on travaille la matière au quotidien, ce constat ne surprend qu'à moitié: un beau cuir pleine fleur, bien tanné puis bien nourri, traverse les décennies là où la plupart des substituts s'effritent ou pèlent après quelques saisons d'usage réel. C'est précisément ce que les chiffres viennent rappeler.

Ce que dit l'enquête, sans détour

Le quotidien britannique rapporte que Mylo (mycélium par Bolt Threads), Piñatex (feuilles d'ananas par Ananas Anam) et Mirum (liège par Natural Fiber Welding) ne sont plus fabriquées. MycoWorks, à l'origine du cuir de champignon Reishi, a frôlé l'insolvabilité l'an dernier. Sur la douzaine d'innovateurs interrogés par la rédaction, seuls quatre — Desserto à base de cactus, Innovera à base de protéines végétales, Nutico à base de déchets de cacao et de noix, Pliant à base de caoutchouc biosourcé — pouvaient orienter vers des produits réellement disponibles à l'achat. Et la majorité de ces alternatives reposent encore sur des liants ou des revêtements issus de combustibles fossiles, ce qui relativise largement leur bénéfice environnemental. Comme le résume la fondatrice de Nature Matters, Helen Crowley, aucune de ces matières n'a remplacé le cuir: elles se sont surtout ajoutées au portefeuille des marques.

Ce que l'on voit quand on retourne la pièce

Dans mon atelier, la première chose que je vérifie, ce n'est jamais la marque gravée sur la plaque, c'est la tranche. Passez l'ongle, doucement: un cuir pleine fleur correctement tanné, au chrome ou végétal, présente une fibre dense et régulière qui résiste. Un simili, qu'il soit étiqueté « vegan », « biosourcé » ou « à base de plantes », révèle presque toujours un support textile encollé ou un envers plastifié. C'est précisément ce support synthétique qui, d'après l'enquête, pose la question environnementale que l'on voudrait balayer d'un revers de main.

L'autre indicateur, c'est la patine. Un cuir véritable travaille avec vous: il s'assouplit, prend la lumière du poignet, garde les marques de vie. Les alternatives, elles, ont tendance à se déliter ou à peler après quelques saisons — un type de retour en réparation que je vois arriver bien plus souvent qu'on ne le croit.

Trois gestes à faire avant d'acheter, et un après

Lire la composition: la présence de « PU » ou de polyester signale un matériau à base plastique, quelle que soit l'appellation marketing.

Plier un coin discret: un cuir véritable garde une mémoire de forme et s'assouplit, un simili craquelle ou blanchit.

Sentir: l'odeur végétale d'un tannage naturel est presque impossible à reproduire industriellement, et c'est un excellent filtre.

Et le geste le plus durable de tous, celui qu'on oublie trop souvent: entretenir la pièce que vous avez déjà. Un cuir nourri une fois par an avec un baume adapté, stocké à l'abri de la lumière directe, peut traverser trois décennies sans perdre de sa superbe. La plus écologique des démarches reste bien souvent celle qu'on tient déjà entre les mains.

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