Tanguy Royant : l'art de la maroquinerie artisanale s'expose à Barfleur
D'après MaVille.com qui relaie Ouest-France, l'Atelier Galerie de la rue Varengue à Barfleur accueille jusqu'au dimanche 13 septembre les créations en cuir de Tanguy Royant.

Ce maroquinier d'art de 41 ans, originaire de Saint-Malo, a fait du travail manuel sa reconversion après une carrière d'ébéniste interrompue par un problème de santé. Pour qui s'intéresse à la maroquinerie d'auteur, c'est l'occasion de toucher du doigt ce qui distingue une pièce façonnée à la main d'un objet simplement assemblé en série.
Ce qui mérite qu'on s'y arrête en atelier
Ce qui frappe dans la démarche de Tanguy Royant, c'est l'absence totale de machine. Chaque pièce — qu'il s'agisse de petite maroquinerie ou de créations d'inspiration médiévale comme des bourses, des escarcelles, des canons d'archers ou des protections de poignets et d'avant-bras — passe par la coupe manuelle puis par les coutures de finition et de décoration, réalisées une à une. Au toucher, cela se traduit concrètement: des points de couture légèrement irréguliers, qui ne sont pas un défaut mais la signature d'un travail à la selleuse, fil tendu, une aiguillée après l'autre.
L'artisan met aussi un point d'honneur à personnaliser chaque objet à la demande, et défend une vision de la matière que l'on retrouve dans ses propos rapportés par le journal: « Le cuir est selon l'artisan un matériau noble. Les gens aiment sentir son odeur. Les créations sont aussi des achats qui durent dans le temps, c'est du respect pour l'environnement. » L'exposition se tient tous les jours de 14 h à 19 h, l'entrée est gratuite.
Trois gestes pour juger une pièce que vous avez déjà en main
Profiter d'une exposition comme celle-ci pour réévaluer ses propres accessoires n'a rien d'anecdotique. Trois vérifications simples suffisent pour estimer la qualité d'un sac ou d'un portefeuille, qu'il vienne d'une grande maison ou d'un atelier discret.
D'abord, retournez la pièce et examinez la tranche. Si elle est laissée brute ou simplement teintée en surface, elle s'assèchera en quelques mois et commencera à s'effriter au moindre frottement. Une tranche correctement fermée et nourrie tient des années sans intervention.
Ensuite, tirez doucement sur une couture. Les fils doivent être noués et rebrûlés, pas simplement coupés au ras. C'est précisément ce type de finition que cet artisan revendique: une couture assumée, qui prend du temps mais ne lâche pas à la première tension.
Enfin, pressez la fleur du cuir entre deux doigts. Elle doit revenir à sa forme, sans pli marqué. Si elle garde une empreinte profonde, le tannage est probablement trop court ou la fleur corrigée trop épaisse — deux signes d'un cuir qui s'affaissera vite sur l'épaule d'un sac porté régulièrement.
D'autres fenêtres ouvertes cet automne
Pour ceux qui ne sont pas en Normandie, la saison propose d'autres occasions de voir le geste à l'œuvre. À Antibes, la créatrice Nathalie Sasizza de la marque NAELYS tient jusqu'au 30 septembre son atelier éphémère à la Casemate Comte, avec l'exposition « L'art d'être unique » qui permet d'observer en direct le montage traditionnel des sacs et accessoires. Même esprit d'ouverture, même volonté de montrer les coulisses de la création plutôt que de simples produits finis.
Une pièce de cuir bien conçue se reconnaît avant tout à ce qu'elle promet de devenir: une patine, et non une usure.